Musée de la Métallurgie Ardennaise

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L'industrie aujourd'hui

Pour connaître la diversité des productions des différentes branches de la métallurgie ardennaise, découvrir leurs savoir-faire, il n'y a pas mieux que de s'arrêter à l'espace multimédias, et ensuite découvrir les divers produits exposés. Cette capacité ancienne à transformer le fer, la fonte et l'acier selon les demandes les plus variées des donneurs d'ordres, c'est bien la force de cette métallurgie, et l'une des explications de sa longue pérennité. Aujourd'hui, le travail et la transformation des métaux occupent encore plus de 20000 personnes, essentiellement le long de la Meuse et de ses principaux affluents. Soit la moitié du maximum historique atteint en 1975 qu'il faut resituer dans le temps long. Ainsi au milieu des années 1840, la métallurgie ardennaise occupe plus de 13000 personnes, essentiellement des hommes que l'on trouve majoritairement dans la clouterie, la ferronnerie et la quincaillerie. Et 60 ans plus tard, près de 30000 dans des secteurs qui se sont développés dès les premières décennies du XIXème siècle et sous le second Empire (fonderie de seconde fusion, boulonnerie, grosse métallurgie, clouterie mécanique, transformation du cuivre), à côté de la traditionnelle ferronnerie et quincaillerie. A la veille de la première guerre mondiale, la métallurgie ardennaise qui bénéficie d'une grande réputation a atteint sa maturité, et elle forme  un arc industriel qui s'étire du pays d'Yvois à la Pointe de Givet. A côté des usines de la grosse métallurgie qui ont été absorbées par les sidérurgistes lorrains et belges, il y a une nébuleuse d'usines familiales qui connaîtront des succès et des destinées très variables. A partir du Second Empire, elle a lié étroitement son avenir à celui des transports, notamment les chemins de fer, puis l'automobile. Une caractéristique qui perdure. Sans aucun doute, l'Ardenne du  fer devient alors l'annexe manufacturière de la Lorraine voisine qui lui fournit en abondance la fonte que l'on transforme en fer et en acier.

Au cours de sa longue histoire, différents facteurs ont joué pour expliquer l'extraordinaire pérennité du travail des métaux dans le nord des Ardennes. On peut mettre en avant l'existence à l'époque moderne de principautés, véritables zones franches où se sont épanouies la clouterie et la quincaillerie. La proximité des grands centres sidérurgiques et innovants de l'Europe de l'Ouest (Liège, l'Angleterre, la Ruhr) et de Paris où se sont trouvés très tôt les grands donneurs d'ordres, en premier l'Etat (voir l'implantation de la Manufacture  d'armes à Charleville à la fin du XVIIème siècle), les compagnies de chemin de fer et les constructeurs automobiles .Il faut ajouter une accumulation de compétences et de savoir-faire, une capacité d'innovation et d'adaptation aux grandes mutations techniques comme le passage de la protoindustrie cloutière à l'industrialisation, du fer au bois au fer puddlé et à l'acier au XIX ème siècle. C'est ce que montre ce musée. A partir des premières années de la décennie 1960, la métallurgie ardennaise montre quelques signes de faiblesse annonciateurs du bouleversement lié à la fin des Trente Glorieuse, à la troisième révolution industrielle, et la mondialisation. Pour appréhender la profonde transformation qu'ont vécu les entreprises qui ont résisté jusqu'ici à la crise, il faut s'arrêter devant les vitrines exposant les productions actuelles et découvrir des procédés de conception et de fabrication intégrant la révolution technologique en cours (l'informatique, les commandes numériques, les robots, la conception assistée par ordinateur). Cette adaptation au nouveau monde industriel n'aurait pu se faire sans la qualité et les compétences de la main d'œuvre. Dans les Ardennes, la métallurgie croit en son avenir et demeure une activité puissante même si elle ne peut plus assurer pleinement la dynamique du département.

Moteur PSA

© 2017Musée de la Métallurgie Ardennaise - Tous droits réservés. Textes René COLINET