Musée de la Métallurgie Ardennaise

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Forge/Estampage

Proche de la ferronnerie, la fabrication des ferrures a démarré avec succès à Nouzon au cours des années 1830. Sous le second Empire, elle s'implante dans l'actuelle commune de Bogny (créations des usines Laurent-Colas, Autier-Balteau, Quatre-Fils-Aymon) et à Charleville et Mézières. Il s'agit de satisfaire les commandes du bâtiment, des transports, et de plus en plus des chemins de fer. Par ailleurs, des dépôts de brevets témoignent de l'ingéniosité de modestes forgerons. Ainsi à Nouzonville, un tourneur-mécanicien dénommé Grünenberger, met au point une machine à repousser et à emboutir les métaux (1869), à Château-Regnault, Hardy-Péchenart améliore la fabrication mécanique des charnières et des fiches (1860), et à Bogny-sur-Meuse Laurent-Colas gagne la renommée en lançant la fabrication mécanique des brides de ressorts pour voitures. 
Pour forger le fer rougi à la forme voulue, on utilise alors une masse tombante appelée pilon ou mouton. Sous le Second Empire, la force de la vapeur remplace la force humaine, et s’impose dans les années suivantes. Concurrent de la fonderie, le forgeage  produit des pièces saines, homogènes et résistantes. Il exige des forgerons, des frappeurs, des chauffeurs de four, et des pilonniers une connaissance physique du métal, un coup d'oeil vif et une sûreté de la main. 
Au forgeage viennent s'ajouter l'estampage et l'emboutissage. C’est Lucien Demangel qui se lance dans la fabrication de pièces estampées à Charleville, au cours des années 1880.
Pour ce faire, il utilise des moutons et des matrices en acier.  Et c'est aux Ateliers Génot, à Nouzon, que l'on se met à fabriquer à froid des pièces embouties plus légères et solides au moyen de presses, en 1905. A la Belle Epoque, l'automobile, la marine et l'artillerie deviennent d'importants clients. La réputation des Ardennes est déjà bien établie.

Dans le jardin des machines du musée, deux marteaux pilons à vapeur et à double effet d'origine anglaise, et à l'intérieur une maquette et des vidéos vous offriront une approche réaliste de cette activité si caractéristique. Entre Meuse, Semoy et Goutelle, on peut encore entendre les frappes sourdes et saccadées des pilons qui semblent rythmer la vie quotidienne de ces localités. Celles-ci rappellent que la forge et l'estampage demeure un secteur important avec des entreprises aux savoir-faire reconnus. À l'exemple des Ateliers des Janves à Bogny et des boutiques familiales de la Semoy.

Marteau-pilon

© 2017Musée de la Métallurgie Ardennaise - Tous droits réservés. Textes René COLINET